Les salles de sports mythiques aux États-Unis

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Les États-Unis sont considérés comme le berceau du bodybuilding et de la culture de la musculation. De nombreuses salles mythiques y ont vu le jour depuis les années 1930 et ont façonné cet univers si particulier mêlant performance sportive, culturisme et mode de vie.

Cet article propose un panorama des salles de musculation les plus emblématiques du pays, de leurs origines à leur influence actuelle. Nous évoquerons leur histoire, leurs spécificités, les grands noms du bodybuilding qui les ont fréquentées, ainsi que leur héritage et leur popularité de nos jours.

Sommaire

La genèse : Muscle Beach et les pionniers

L’une des toutes premières salles de musculation en plein air a vu le jour en 1934 à Santa Monica, en Californie. Baptisée « Muscle Beach« , cette section de plage est rapidement devenue un lieu de rassemblement incontournable pour les adeptes de culturisme et d’exercice physique. Des haltères et équipements de fortune y étaient installés, attirant rapidement une foule de curieux et de passionnés.

Parmi les habitués, des noms qui allaient devenir célèbres dans le milieu comme Jack LaLanne, Steve Reeves ou encore George Eiferman. Véritable vitrine de la culture physique naissante, Muscle Beach a largement participé à populariser la pratique du bodybuilding sur la côte Ouest américaine dans les années 30 et 40.

En 1951, Muscle Beach déménage et s’installe à Venice, toujours en Californie, où la communauté bodybuilding ne cesse de grossir, attirant même des stars d’Hollywood. C’est dans ce contexte propice qu’ouvrent les premières salles de musculation « indoor » à Los Angeles au milieu des années 60, dont la célèbre Gold’s Gym de Venice.

L’expansion de Gold’s Gym

Forte de sa réputation dans le milieu, Gold’s Gym commence à se développer à la fin des années 60 en ouvrant de nouvelles salles en Californie, puis dans le reste des États-Unis.

Rachetée par Joe Gold en 1970, l’entreprise change plusieurs fois de mains tout en poursuivant son expansion. Dans les années 1980, Gold’s Gym compte environ 200 salles à travers le pays. De Los Angeles à New York, la marque s’impose comme LA référence fitness old school.

Aujourd’hui, le réseau Gold’s Gym rassemble plus de 700 salles aux États-Unis et dans le monde. Bien que moins orientées bodybuilding, ces salles commerciales ont capitalisé sur l’image et l’héritage de la salle originelle de Venice Beach.

Malgré la concurrence des grandes chaînes comme Planet Fitness, Gold’s Gym reste une institution outre-Atlantique.

La fabrique à champions : World Gym San Diego

Sur la côte Ouest, une autre salle californienne s’est imposée comme un repère de champions de haut niveau : le World Gym de San Diego.

Fondé en 1975 par Joe Gold et quelques associés, World Gym San Diego va rapidement devenir une pépinière de futurs Mr Olympia et Mr Univers sous la houlette de son manager Ed Connors. Ce dernier, ancien haltérophile, va mettre en place un système de parrainage attractif pour les meilleurs bodybuilders.

Ainsi, dans les années 80, la salle accueille les tout meilleurs culturistes professionnels : Lee Haney, Berry DeMey, Rich Gaspari, Mohammed Makkawy ou encore Chris Dickerson. Entraînés par des coaches réputés, ils enchaînent les séances intenses en vue des compétitions nationales et internationales.

Grâce à ce vivier de talents et ce système performant, World Gym San Diego s’impose comme LA salle de référence sur la scène compétitive. Elle voit pas moins de 8 de ses membres remporter le titre suprême de Mr Olympia dans les années 80 et 90 !

L’avènement des franchises nationales

Avec la démocratisation du fitness dans les années 80, le paysage des salles de sport aux États-Unis commence à évoluer avec l’arrivée des grands réseaux franchisés.

La chaîne Bally Total Fitness ouvre son premier club en 1983 et se développe rapidement partout aux USA grâce à un concept innovant : des salles spacieuses ouvertes 7j/7 avec des cours collectifs et du matériel haut de gamme.

Dans son sillage, de nouvelles enseignes fitness investissent le marché américain : 24 Hour Fitness, LA Fitness, Planet Fitness,… Elles standardisent leurs clubs pour offrir aux abonnés un accès facile à moindre coût.

Ces grandes franchises rencontrent un franc succès, au point de ringardiser les anciennes salles de quartier. Seule l’enseigne Gold’s Gym parvient à préserver son image « old school » en surfant sur son prestigieux héritage.

La tendance des boutiques de luxe

Parallèlement à la démocratisation du fitness, un nouveau créneau émerge dans les années 90 : celui des salles haut de gamme.

À New York, la chaîne David Barton Gym mise sur un cadre chic et des coachs de renom pour attirer une clientèle aisée et exigeante. Le concept séduit rapidement les stars et les gens influents de la Grosse Pomme.

  • Sur la côte Ouest, d’autres enseignes comme Equinox ou The Sports Club LA proposent des espaces luxueux avec spa, soins et services sur-mesure. Le prix des abonnements s’envole, frôlant parfois les 200$ mensuels, mais cela n’effraie pas les accros du fitness fortunés.
  • Ces « boutiques de luxe » renouvellent l’image des salles de sport traditionnelles et attirent une toute nouvelle clientèle. Leur succès inspire même certaines franchises classiques à monter en gamme.

La tendance du coaching digital

Ces dernières années, de nouveaux acteurs se sont invités sur le marché américain des salles de sport : les plateformes de coaching digital. À l’image du leader Peloton, ils proposent des cours collectifs à distance et un suivi personnalisé via des outils connectés.

Le concept de « salle de sport à la maison » rencontre un franc succès auprès des millennials, séduits par son côté pratique et interactif. Les ventes d’équipements connectés comme les vélos et tapis de course explosent.

Face à ce concurrent inattendu, les salles traditionnelles réagissent en musclant leur offre digitale. Certains clubs proposent désormais leurs propres cours en ligne ou des solutions de coaching à distance. Une tendance amenée à se renforcer à l’avenir.

Conclusion

En un siècle, les États-Unis sont passés des plages de Muscle Beach aux plateformes de coaching digital, en passant par l’âge d’or des mythiques Gold’s et World Gym.

Berçant la culture du bodybuilding et du fitness, le pays a vu naître des salles légendaires où se sont construits les plus grands champions. Même si certaines ont disparu, leur héritage inspire encore les passionnés du monde entier.

Face à l’avènement du digital et des franchises low-cost, les salles historiques comme Gold’s Gym luttent pour préserver leur ADN et leur communauté. La culture de la musculation made in USA garde néanmoins une aura unique et fascinante.